Marathon de Berlin : chaleur, hydratation et stratégie
Marcos Paulo Reis et Camilo Alves détaillent la gestion de l'allure et les particularités des ravitaillements.
Le Marathon de Berlin exige une vigilance accrue face à la température et à la gestion de l'hydratation. Deux entraîneurs analysent la disposition des ravitaillements et partagent leurs conseils pour réussir sa course.
Malgré sa réputation de parcours rapide propice aux records personnels, le Marathon de Berlin recèle des pièges capables de compromettre la performance des coureurs non préparés. Parmi les variables les plus critiques de l'épreuve allemande figurent la hausse des températures au fil de la matinée et une logistique d'hydratation bien particulière.
Lors d'un échange consacré à l'événement, les entraîneurs Marcos Paulo Reis (fondateur de MPR Assessoria) et Camilo Alves (directeur associé de RunFun) ont analysé la manière dont la météo et le ravitaillement exigent autonomie et lucidité de la part des athlètes.
L'impact de la chaleur et l'ajustement de l'allure
Avec des départs à partir de 8 h 45, la température à Berlin grimpe fréquemment au cours de la matinée, atteignant 19 °C à 22 °C, voire davantage. Pour les entraîneurs, l'erreur majeure consiste à ignorer le thermomètre et à vouloir maintenir une allure calibrée pour une météo fraîche.
Marcos Paulo souligne qu'il incombe au coureur d'assumer ses choix de course : lorsque la chaleur s'installe, s'obstiner sur son allure cible se paie généralement au prix fort dans le dernier tiers du parcours. Il est vivement conseillé d'écouter les signaux corporels et d'adopter une stratégie plus prudente pour éviter l'épuisement prématuré.
Ravitaillements : gobelets rigides et tables d'un seul côté
L'organisation des ravitaillements à Berlin présente des spécificités surprenantes. Contrairement aux épreuves nord-américaines qui utilisent des gobelets en carton souples et faciles à pincer, Berlin fournit des gobelets en plastique semi-rigide (semblables à du plexiglas transparent). Ce matériau casse sous la pression, ce qui complique la prise d'eau en pleine foulée.
Autre point critique : l'implantation des postes de ravitaillement, situés uniquement sur le côté droit de la chaussée, avec des tables relativement courtes au lieu de longues enfilades. Face à la densité du peloton, cet entonnoir crée des bousculades et rend le bitume particulièrement glissant, surtout là où les boissons énergétiques sont renversées.
Plan de ravitaillement et utilisation d'une flasque souple
Le premier point d'eau ne se situe qu'au km 5. Les ravitaillements en eau suivants sont répartis aux kilomètres 12, 17,5, 22,5, 27,5, 32,5, 34,5, 38 et 40. La boisson isotonique officielle de l'épreuve, Maurten Drink Mix, est quant à elle servie aux kilomètres 9, 15, 20, 25, 30 et 36, aux côtés des gels énergétiques de la marque.
Pour combler le délai avant le cinquième kilomètre et éviter l'engorgement des premières tables, les coachs recommandent de partir avec une petite bouteille jetable ou une soft flask remplie d'eau ou d'une boisson glucidique adaptée, à jeter plus loin sur le parcours.
Ligne droite finale et piège de la porte de Brandebourg
Outre la vigilance requise sur certains tronçons pavés et les zones humides près des tables, Camilo Alves et Marcos Paulo rappellent une illusion d'optique fréquente : franchir l'historique porte de Brandebourg ne correspond pas à l'arrivée. Il reste encore 200 à 300 mètres jusqu'à l'arche finale sur l'avenue, une portion où il faut maintenir son allure jusqu'au bout.