Curated
Retour S @stemma 4 min de lecture
sports

Alana Sicoli : des World Majors au défi de l'Ironman

La créatrice d'Eu Escolhi Correr revient sur son parcours en marathon, ses débuts avec Nelson Evêncio et sa transition vers le triathlon.

Alana Sicoli retrace son évolution en course à pied, de sa dépression post-partum jusqu'à la conquête des Six Majors. L'athlète amateure et spécialiste de la douleur évoque ses entraînements, sa résilience et son projet de débuter sur Ironman.

La relation d'Alana Sicoli avec le sport a débuté dès l'enfance, portée par un environnement familial actif où l'exercice physique était une règle de vie. C'est toutefois à l'âge adulte que la course à pied a pris un rôle véritablement transformateur. Après la naissance de sa fille, Sofia, Alana a traversé un épisode sévère de dépression post-partum et d'anorexie. Le tournant s'est opéré lorsque sa sœur jumelle, Paula, a terminé son premier marathon et l'a encouragée à enfiler ses baskets pour une course de 10 km.

À partir de cette première étape, le sport est devenu son point d'ancrage majeur pour restructurer son quotidien, son sommeil et son alimentation. Les progrès physiques n'ont pas tardé, sans aucun raccourci : peu après ses débuts sur 10 km, elle s'est alignée sur le Semi-marathon international de São Paulo, bouclé en 2 h 34. Cette épreuve a révélé l'exigence des longues distances et suscité l'envie d'aller plus loin, marquant le départ d'une nouvelle aventure personnelle et sportive.

PUBLICIDADE (GAM) — 1250x250

La naissance d'Eu Escolhi Correr et les premiers pas sur les Majors

Lors de son installation à New York pour étudier la médecine traditionnelle chinoise, Alana a choisi de se lancer sur le Marathon de Chicago. À la même époque, encouragée par son entourage, elle a créé le compte Eu Escolhi Correr afin de documenter ses entraînements, sa vie de jeune maman allaitante et les coulisses de sa préparation. Lancé il y a une décennie, le projet s'est transformé en une communauté féminine très engagée.

Ses débuts à Chicago se sont soldés par un chrono de 4 h 30, riche en enseignements sur la gestion des attentes et la rigueur méthodique de l'entraînement. S'en est suivi Berlin, couru dans une douleur extrême en raison d'un orteil fracturé la veille du départ, ce qui a failli la détourner définitivement des marathons. Le rêve de boucler le circuit des Six Majors semblait alors s'éloigner, jusqu'à ce qu'une invitation pour le Marathon de Boston en 2019 ne vienne tout bousculer.

Alana Sicoli : des World Majors au défi de l'Ironman

Le rebond et la quête des minima pour Boston

Pour préparer Boston, Alana a fait appel à l'entraîneur réputé Nelson Evêncio. Avant d'accepter de l'encadrer, Nelson lui a imposé un test sans concession : courir un semi-marathon en moins de deux heures à Central Park par -2 °C, sans jamais arrêter son chronomètre. Le défi relevé avec succès a scellé leur collaboration.

Ses débuts à Boston ont néanmoins été éprouvants. Ayant participé sur invitation sans temps qualificatif, Alana a essuyé de vives critiques et des remarques sur les réseaux sociaux. Cette pression s'est transformée en moteur pour une promesse : revenir à Boston grâce à des minima officiels décrochés sur le bitume. L'objectif a été atteint au Marathon de Valence 2023, où elle a signé un chrono de 3 h 26, lui ouvrant à nouveau les portes de Boston par la grande porte et clôturant une remarquable phase de résilience.

L'acupression face à la douleur et l'expérience de la Two Oceans

En plus d'être marathonienne, Alana est pharmacienne-biochimiste, titulaire d'un master en acupuncture appliquée aux traumatismes sportifs et doctorante spécialiste de la douleur chronique. En consultation comme en compétition, elle utilise des techniques d'acupression afin d'atténuer l'inconfort musculaire prolongé. L'un de ses leviers privilégiés est la stimulation du point LI4 (Gros Intestin 4), situé sur la zone musculaire entre le pouce et l'index, fréquemment massé pour soulager les pics de fatigue et de douleur.

Cette endurance physique et mentale a été mise à l'épreuve lors de la mythique ultramarathon Two Oceans, en Afrique du Sud, un parcours de 56 km au profil très exigeant. La course s'est doublée d'un moment d'émotion : son père, ancien nageur et triathlète, l'a accompagnée à vélo tout au long du tracé pour lui apporter un soutien précieux et rendre cette aventure inoubliable.

Cap sur l'Ironman et projets d'avenir

Après avoir conquis les Six Majors, Alana vise désormais la distance reine de l'Ironman. Cet engagement découle d'une promesse personnelle et d'un combat : soutenir une amie proche guérie d'un cancer du sein, en faisant de ses mois de préparation une campagne de sensibilisation au dépistage précoce.

Forte d'une expérience dans les trois disciplines — la nage en eau libre, le cyclisme sur route et la course à pied —, elle s'attache désormais à équilibrer ses charges et sa logistique d'entraînement. En parallèle des compétitions et de sa pratique clinique, Alana développe également Kona, sa propre marque dédiée à l'écosystème sportif, valorisant ainsi plus de dix ans passés au cœur de l'endurance.

PUBLICIDADE (GAM) — 1250x250